Sailcoop : Si tu devais retenir les moments les plus forts de cette traversée transatlantique, quels seraient-ils ?
Yann : Le moment qui m’a le plus bouleversé est celui du saut de baleine à bosse, que nous avons pu observer entre Saint-Pierre et Miquelon et Baltimore le 13 décembre. J’avais été assez frustré de ne pas avoir vu le cachalot quelques jours plus tôt. Alors que nous étions en train de déjeuner, quand Mathieu a reçu par radio de la part de Quentin l’information qu’une baleine sautait à bâbord, j’ai instantanément rejoint mon balcon pour y voir dès notre arrivée un saut de la baleine à bosses… Quel spectacle ! Les grands cétacés sont pour moi les animaux les plus majestueux de notre planète.
Je me souviens aussi que lorsque nous approchions enfin de Baltimore, en passant à côté de l’immense champ d’éoliennes offshore de Virginie, nous avons été survolés à trois reprises par deux F22 de l’armée états-unienne. Ils devaient être curieux vis à vis des immenses mâts du Neoliner…
Je pense aussi à l’arrivée à Saint-Pierre et Miquelon : quelle joie de voir un horizon continental après tant de temps en mer. Et quel horizon… ! Avec les mirages de froid, ce sont des pics enneigés volant au-dessus des vagues que nous voyons tout d’abord au loin : un véritable Saint-Pierre volant (en référence aux mirages de froid qui ont donné la légende du Hollandais « volant » au-dessus des flots).
Sailcoop : On imagine qu’au milieu de l’océan, une vraie vie de groupe se forme. Comment décrirais-tu les relations entre les passagers et l’équipage à bord du Neoliner ?
Yann : Le capitaine a tout fait pour nous mettre à l’aise, et ça a marché. Au début évidemment, il faut oser changer de table, briser la glace et engager des discussions. Et très vite la curiosité s’installe, les questions fusent, les liens se tissent et les rires éclatent. Je dirais que c’est le capitaine qui a le premier tissé ces liens entre passagers et équipage en lançant cette mode de changer de table – car spontanément nous faisions une table voyageurs et une table officiers pour les repas. Jules et Koffi, respectivement notre Messman et notre cuisinier, ont aussi particulièrement aidé à l’intégration grâce à leur bonne humeur et leurs petites attentions.

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Sailcoop : Hormis la baleine à bosses, Avez-vous eu l’occasion d’observer d’autres animaux marins au cours de la traversée ?
Yann : Nous avons eu la chance d’observer de nombreux cétacés : cachalot, dauphin commun, dauphin bleu et blanc, baleine à bosses… Entre les sauts de dauphins à l’étrave et les souffles de baleines au loin, les amateurs de photographie dont je fais partie sont bien servis ! Nous avons aussi observé de nombreux oiseaux pélagiques : sternes, puffins, fous de bassan, goélands… C’est toujours étonnant de rencontrer des nuées d’oiseaux à plusieurs milliers de kilomètres du premier lopin de terre !
Sailcoop : Plusieurs semaines en mer, c’est une véritable immersion. Le temps ne t’a-t-il pas paru trop long et comment rythmais-tu tes journées à bord ?
Yann : Très vite, des routines s’installent : petit-déjeuner, salle de sport, lecture, piano, déjeuner, sieste, passerelle, lecture, tarot, dîner, film. Heureusement, entre les voyageurs expérimentés et l’équipage, nous ne manquons absolument pas d’anecdotes et d’histoires croustillantes ! Ces trois semaines à bord ont été très enrichissantes humainement, culturellement, mais aussi techniquement avec un équipage toujours très volontaire pour nous expliquer les secrets du Neoliner Origin. Je dirais que cette traversée à bord du Neoliner est idéale pour freiner sur l’hyperconnexion des réseaux sociaux, et l’occasion de renouer avec des relations humaines concrètes et véritables. On en ressort avec un cerveau neuf et recentré sur l’essentiel. J’ai également pu capturer des centaines de photos et vidéos pour mon plus grand plaisir !
Ces trois semaines à bord ont été très enrichissantes humainement, culturellement, mais aussi techniquement avec un équipage toujours très volontaire pour nous expliquer les secrets du Neoliner Origin.
Sailcoop : comment as-tu trouvé les aménagements du Neoliner ? Un mot sur le confort des cabines et des espaces communs ?
Yann : L’espace offert par les cabines est idéal pour la créativité. Vous vous retrouvez à un bureau et un salon qui donnent vue sur… L’immensité de l’océan. Quoi de mieux pour écrire, lire, ou encore trier ses photos ? J’ai pu partager cette large cabine avec mon colocataire Kilian, avec qui nous avons pu refaire le monde au fil de discussions à rallonge tard le soir avant de nous endormir, bercés par les roulis du bateau. L’espace passager, quant à lui, offre tout ce qu’il faut pour la détente et l’échange : piano en libre accès, bibliothèque garnies de livres en lien avec l’océan, fauteuils pour la lecture, tables pour les amateurs de JdS ou de cartes à jouer… !













